Mutant Chronicles

A l'ombre des cathédrales, sous le joug des méga-corporations, certains veulent garder l'illusion d'être indépendants. La plupart sont connus comme étant les francs tireurs... Hommes de main et hommes à tout faire en tout genre.

25 octobre 2008

Mutant Chronicles: le jeu

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Arrow Mutant Chronicles est un jeu de rôle techno-fantastique dans un futur pas si lointain... La Terre ravagée a été abandonnée à son triste sort et les méga-corporations ont fait main basse sur la vie de leurs citoyens. De la nourriture à l'éducation en passant par le travail et la défense, tout est géré par elles. Il y a bien quelques personnes qui pensent être libres et indépendantes mais elles se font de plus en plus rares...

A l'ombre des building gotiques massifs, entre les ascenseurs à vapeur et la fange qui règne dans la rue, survivre est devenu une prouesse.

Heureusement que l'Inquisition veille, que les méga-corporations endoctrinent et que les tranchées ralentissent l'avancée impitoyable mais inexorable des armées de l'Obscurité.


Arrow Mutant Chornicles se joue souvent comme un jeu de rôle de guerre grâce à son système de combat très réaliste permettant de simuler facilement aussi bien des combats urbains, dans les jungles Vénsiennes, dans un immeuble en feu, ou dans les égouts infects des mines abandonnées de Luna. Les escarmouches et les batailles rangées sont par trop nombreuses dans notre système solaire ensanglanté.


Arrow Mutant Chronicles (livre de base) est surtout axé "enquêtes" : un petit groupe de paumés se rassemblent et ouvrent leur propre agence de francs-tireurs. Détectives privés, journalistes recherchés, hommes de main des méga-corporation (il est souvent moins cher de sacrifier 10 francs-tireurs que d'envoyer un soldat : au pire, on pourra toujours nier qu'ils travaillent pour vous), gang misérable ou simplement milice du quartier, les opportunités sont nombreuses pour qui veut faire avancer ses idéaux. Or, avoir de l'argent pour manger et recharger son pistolet-mitrailleur est déjà un bon idéal... et souvent, c'est déjà pas mal...


Arrow Mutant Chronicles peut aussi enlever le souci pécunier en échange de votre âme. L'Obscurité se fera alors une joie de se servir de vous, euh, de vous faire travailler en vous faisant sombrer de plus en plus profondément, euh, en vous allouant de plus en plus de pouvoirs éphémères et de mutations, euh, en épanchant votre soif de pouvoir.


Arrow Mutant Chronicles s'adapte également aux joueurs, il y a un journal de bord qui raconte les aventures d'un groupe de personnages ayant tracé leur propre chemin, changeant de direction chaque semaine...

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Firestorm

L’hélice semblait peiner pour remuer l’air moite dans le bureau du détective. La fenêtre ouverte laissait entrer un air lourd et chargé des fumées de l’aciérie toute proche.

Au centre de ce bureau, M Firestone, détective privé. Un visage lisse et allongé avec une longue cicatrice sur la joue gauche, souvenir d’une filature qui avait mal terminée… Devant lui, le dossier de Mlle Pietersin.

Mademoiselle Pietersin était une veuve âgée d’une cinquantaine d’années, age avancé et respectable dans cette société ravagée par les épidémies, les guerres, la malnutrition et, le pire de tout, les mutations.

Voilà trois semaines que Firestone s’était rendu chez la veille veuve. Une dame très gentille qui lui avait même offert du vrai thé venant de vraies plantes cultivées dans les serres hors sol de la société Growth Factor. Elle devait passer une grande partie de sa pension dans cette folie gastronomique non synthétique. En servir à un invité était une grande marque d’estime.

M Firestone avait horreur du thé.

Mlle Pietersin semblait nerveuse et ses longs doigts osseux et jaunâtre tremblaient quand elle lui avait tendu sa soucoupe. Firestone lui avait fait remarquer et après avoir tourné un moment autour du pot, la vieille dame lui avait expliqué que dès que le soleil se couchait, des objets dans son deux pièces se mettaient à bouger.

Il avait été facile au détective de se représenter la scène de la vieille femme couchée sous sa couverture élimée, surveillant fiévreusement les bibelots qui encombraient la pièce. Elle disait voir des ombres bouger et frôler son visage à toute vitesse. Une fois ou deux, elle avait eu le courage d’allumer sa lampe de chevet et elle avait alors entendu un vieux cadre à photo tomber au sol. Mlle Pietersin était au bord de la crise de nerfs.

Elle avait fait appel au détective car depuis quelques jours, elle entendait de plus en plus de bruits et elle avait retrouvé des éléments de vaisselle cassés et son miroir avait été fendu, semble-t-il par un objet qui l’aurait percuté. Les murs en papier peints décoloré semblaient aussi présenter quelques petits impacts.

Firestone avait alors mené une enquête de voisinage et les voisins se plaignaient des bruits la nuit chez la veuve. Mais qui ne se plaint pas de son voisin ?

Encore une vielle personne dérangée qui, quand elle ne somnole pas la nuit, ou quand elle n’est pas somnambule range son appartement et ne s’en souvient pas le lendemain.

Encore une affaire banale.

Le ventilateur projetait des ombres dans la pièce, éclairant alternativement le visage moite du détective privé penché sur le Mutant Chronicles, le journal du jour. Un instant, ses yeux se pincèrent et avec un soupir, il referma le dossier Pietersin et le jeta dans la corbeille.

Affaire classée.

Le privé se pencha à la fenêtre pour échapper un moment à la chaleur étouffante de la pièce.

Le soleil levant jeta un rayon distrait à la page des faits divers du journal : une veille femme avait été retrouvée assassinée. Ses bijoux avaient disparus alors que pourtant son logement était fermé de l’intérieur. Sa fenêtre semblait avoir été cassée par divers bibelots qui auraient été lancés contre la vitre.

Firestone pensa que tout de même, assassiner quelqu’un en lui écrasant une tasse de thé dans l’orbite, c’est moche.

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10 novembre 2008

Jervis

Jervis

- Jervis !

- Jervis !

L’homme habillé en cuir d’aviateur grommela sur sa couchette. Un filet de bave coulait sur sa joue, signe d’un sommeil court mais profond. Court, beaucoup trop court. 

- Jervis, dépéches-toi, ils en amènent d’autres ! 

Voilà trois jours presque consécutifs que Jervis, l’infirmier du peloton soignait les blessés de la ligne Mac Craig. Le médecin de l’unité avait « sauté » en essayant de désamorcer une bombe placée sur un blessé piégé pas l’ennemi. Le bougre bougeait trop quand le toubib lui avait fouillé le thorax pour chercher le détonateur, mais voilà des semaines que Jervis n’avait plus de morphine… 

Depuis ce jour, l’infirmier opérait les blessés. Il n’avait pas le choix. Il avait assisté le médecin pendant 2 ans. Cela devrait suffire lui avait dit le sergent. Suffire, oui, mais depuis que les combats s’étaient intensifiés dans cette zone, Jervis vivait comme dans un rêve. Un cauchemar plutôt. Les blessés se succédaient. Sous la lumière blanche des néons de la tente de soins, il en avait vu défiler des estropiés, des brûlés, des démembrés, des asphyxiés et autres. Il en avait même quelques uns qui s’en étaient sortis. 

Jervis faisait de son mieux, mais ce n’était pas sa formation. On lui avait promis un poste dans un vrai hôpital, avec des salles d’opérations lavées au moins une fois par jour, un matériel presque performant. Pas un poste de chirurgien sous une tente sale et malodorante. Jervis aurait du la laver, il aurait du au moins sortir les pansements purulents et les vêtements poisseux de sang qui avaient été arrachés hâtivement pour soigner les blessures. Mais il n’avait pas de temps. Trop de blessés, trop d’estropiés. 

Dormir ou nettoyait signifiait ne pas soigner le gus qui venait d’arriver. 

Et il fallait bien quelqu’un pour faire le sale boulot. 

Les autres soldats d’ici savaient à peine lire le nom d’un médicament. Jervis se traîna jusqu’au seau d’eau croupi au pied de son lit de campagne et s’aspergea le visage pour chasser le brouillard qui assaillait son cerveau et faisait danser des mouches devant ses yeux. 

- Jervis, bouges ! 

Toujours habillé de sa combinaison en cuir d’aviateur, l’infirmier opérait. Le sergent avait eu la bonne idée de lancer une contre attaque et de sortir des tranchées. Jervis n’aimait pas les contre-attaques. Elles lui apportaient sans cesse plus de travail.

Les victimes se succédaient comme dans une danse macabre rythmée par le bruit des autocanons. Parfois Jervis pouvait reconnaître un visage, parfois un râle.

Encore un patient venait de mourir sur la table d’opération. Il avait eu la jambe coupée nette et l’artère s’était rétractée. Jervis n’avait pas pu l’attraper pour la ligaturer.
 

Manque de pot, il s’agissait du sergent.
 

Pour cela, Jervis avait été renvoyé de l’armée pour incompétence.

Un ami de son oncle haut placé lui avait évité la cour martiale de justesse, mais Jervis avait du y laisser le peu d’économies qu’il avait pu faire durant ses années d’armée.

- Voilà une semaine que je suis parti de l’armée, se dit-il à lui-même. Faut que tu te trouves un boulot si tu veux manger Jervis, faut que tu bosses. Voilà deux jours que tu dors dans la rue et que tu pues la ration avariée. Trouves-toi un hôtel de jour, fais une toilette, laves tes habits et recoiffes-toi bon sang !

 

Jervis était plus présentable. Il avait récupéré ses affaires personnelles : un veston, un gilet, chemise et pantalons démodés. Son vêtement en cuir d’aviateur auquel il tenait tant était dans son sac. Derrière le lavabo de la douche de l’hôtel, il avait même trouvé une bouteille d’eau de toilette presque vide. Il ne sentait certes pas très bon, mais cela suffisait à lui donner une légère odeur de cannelle. Il n’en demandait pas plus. 

Jervis fit rouler la pièce de dix couronnes dans la paume de sa main et la remit dans sa poche, pensant qu’elle lui permettrait de manger ce soir. Dommage que ç’ait été la dernière.

D’un pas décidé, il s’avança vers l’immeuble en face de lui. Il y avait une plaque avec le nom d’un privé. Les privés ont toujours un petit boulot à proposer pensa Jervis en poussant la porte de l’immeuble. Mais tout de même… Pierre de feu, quel nom étrange…

Posté par abbedestheques à 18:50 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pierman

Pierman

Le Mutant Chronicles ! Ca c’est du journal ! Pierman rangea affectueusement le numéro du jour dans son classeur. Voilà bientôt quatre ans qu’il collectionnait les Mutant Chronicles. Il pouvait citer les gros titres jour par jour. Et il en était fier.

Certes, sa passion occupait la moitié des 25 m² qu’il habitait, mais pour rien au monde, il n’aurait voulu s’en séparer.

Depuis qu’il avait fini ses études, il ne rêvait que d’écrire un papier qui serait remarqué par le rédacteur du célèbre journal. Il leur avait envoyé déjà plusieurs mais aucun n’avais reçu de réponse. Deux ou trois avaient cependant été publiés sous un autre nom. Avec un peu de chance pensa Pierman, peut-être qu’un jour, ils m’enverront un peu d’argent pour avoir publié mes articles.

Mais il s’en moquait, savoir que son écriture avait apparu dans le plus grand quotidien, même de la section locale lui suffisait amplement. Il les avait d’ailleurs encadré et ils étaient accrochés à côté de son lit, entre la cuvette de WC et la fenêtre grillagée.

Alors que Pierman mangeait distraitement les nouilles synthétiques froides de la veille dans la casserole, il songea à tout ce qu’il aurait à faire aujourd’hui.

Il devrait d’abord aller chercher ses jumelles infra-rouges au magasin. Une folie, il le savait. Il avait économisé sur ses cinq dernières semaines de loyer pour pouvoir se les offrir. Mais il en avait vraiment besoin. Cela lui permettrait d’avancer dans ses reportages. En plus, il avait bien regardé : en plaçant bien son appareil photo, l’objectif passait par une des lunettes de la jumelle. Son papier sur les tagueurs de voiture connaîtrait un bond sans précédent. Personne n’avait encore pensé à photographier les voyous qui hantaient le quartier chaque nuit.

Il passerait aussi chez sa vieille tante pour réparer la fuite dans le tuyau au-dessus de son lit. Il était la dernière famille qu’il lui restait et voilà bien une dizaine de jours que la pauvre femme venait tous les matins frapper à sa porte pour lui demander de réparer ce tuyau d’évacuation.

Ensuite, il passerait au « Foyer », un hospice pour personnes âgées afin de leur faire une lecture commune. Cela lui permettait de gagner un peu d’argent car depuis que le directeur s’était aperçu que les lectures calmaient les personnes âgées et qu’il pouvait économiser sur les somnifères, Pierman y était accueilli de manière moins méprisante.

Il irait ensuite à un entretient d’embauche qu’il raterait sûrement (il faut absolument que je répare cette déchirure dans la manche de ma veste songea-t-il).

Le journaliste indépendant se leva d’un bond, lança la casserole vide dans l’évier sale et se dirigea vers la porte.

Distrait, il revint sur ses pas pour prendre son pistolet mitrailleur et son lance-grenades.

Ah, oui. Il faut aussi que je passe voir la propriétaire pour demander une rallonge de mon loyer, monsieur Firestorm…

Posté par abbedestheques à 18:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Rugis

Rugis

 

 

- Ils sont derrière moi ! Je ne les sèmerai jamais pensa Rugis.

 

Il savait qu’il n’aurait pas du toucher à cette villa de la banlieue Cybertronique. Elle était trop belle, il y avait forcément quelque chose qui n’allait pas. Il avait pourtant étudié son coup pendant des semaines. Il connaissait l’emploi du temps des propriétaires et des gardien à la minute prêt.

 

Il pouvait deviner quand ils allaient prendre leur pause, il savait même quand il auraient envie d’aller au toilettes. Il avait repéré toutes les caméras, tous les pièges dans les arbres du parc. Il connaissait même le pédigré des chiens.

 

Rugis se jeta derrière la coin d’un immeuble pour éviter une rafale de pistolet mitrailleur.

 

- En plus, je sentais bien que j’étais suivi ces derniers jours. Récupérer leur statue n’a donc pas suffi ? Fallait-il encore qu’ils incendient mon appartement ?

 

Rugis avait échappé de justesse à la grenade incendiaire lancée par sa porte défoncée au fusil à pompe. Heureusement qu’il ne dormait toujours que d’un œil. Et près de la trappe de secours.

 

- Loué soit le cardinal le jour où j’ai placé cette trappe de secours pensa-t-il.

 

Rugis approcha du conduit d’égouts, dévissa à la hâte deux des barreaux qui en barraient l’entrée (ou la sortie ? Il paraissait que des mutants habitaient dans les égouts…). Il tâtonna quelques instants avant de trouver ses repaires.

 

Un faisceau de lumière illuminait bientôt le conduit nauséabond. Le sol était irrégulier et Rugis tomba stimulé dans sa course par les balles qui continuaient de siffler à ses oreilles.

 

- A droite, tout droit, et là, au dessus de la deuxième grille, enveloppé dans un tissu gris, mon sac de secours. Se remémora-t-il. Un voleur doit toujours avoir une cachette ou deux de secours.

 

C’est ce que lui avait appris son frère. Peut-être le reverrait-il un jour d’ailleurs ? Voici six ans qu’il était dan un bagne dans les mines de sel. Avec un peu de chance, il serait encore vivant. Avec un peu de chance, je serai encore vivant moi aussi corrigea Rugis.

 

Son poumon droit était en feu. Voilà une éternité que la cavalcade continuait. Mais il avait au moins récupéré un fusil mitrailleur dans son sac. Il lui avait même semblé avoir touché un assaillant à un moment…

 

- C’est ici ! La sortie vers la gare ! Vite, ‘faut que je grimpe cette échelle, avec de la chance, la plaque d’égouts est toujours dévissée.

 

Elle l’était.

 

Rugis la remit en place plus rapidement que jamais et la bloqua. Des tirs rageurs sur la plaque en fonte indiquaient que les gardes étaient bel et bien coincés.

 

Autour de Rugis, les passants ne s’étonnaient même pas de cet homme sale et sanguinolent qui venait de sortir du sol. Ils reprenaient leur chemin habituel avec leur visage morne et impassible.

 

- Allez, je prends mes vêtements propres dans ce sac et je me refais une beauté aux lavabos des toilettes. Ensuite, je vais voir mon ami Firestone. Il me doit bien un coup de pouce, je lui ai souvent « résolu » quelques affaires… pensa Rugis en rangeant affectueusement son fusil.

 

Rugis avait été formé à l’armée. Tirer était un réflexe pour lui.

 

C’est sûrement pour cela qu’il avait réagi de cette manière dans la maison Cybertronique. Il aurait du savoir que les propriétaires avaient un jeune enfant. Il aurait du étudier leurs courses. Il avait été surpris, il avait réagi comme on le lui avait appris.

 

Mais le souvenir du petit garçon baignant dans son propre sang s’estompait déjà dans l’esprit de Rugis…

Posté par abbedestheques à 19:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Humir

Humir

 

Il pleut.

 

Le ciel est sombre et il pleut.

 

Les gouttes de pluie vont s’écraser loin, en bas, sur les marches de la cathédrale. Sous le regard des hautes statues, la foule sort de la messe.

 

L’eau sale coule entre les pieds de cette masse remuante dont s’échappe un brouillard de transpiration et de respiration rance.

 

Au milieu de ces gens pressés, leurs chapeaux enfoncés sur les oreilles, un homme. Humir.

 

Heureux d’avoir accompli son devoir sacré en venant prier les lumières du cardinal comme tous ses contemporains, Humir se précipite chez lui. Il a beaucoup à faire avant la messe du soir.

 

Voilà une semaine que Humir n’a pas travaillé. Le manque d’argent le pèse. Il ne tiendra pas longtemps ainsi. Il pourrait faire appel à ses parents, mais ceux-ci ne débordent pas de couronnes non plus. Il ne les a pas mis au courant de son départ de son travail. Ils se feraient bien trop de soucis.

 

Son départ… Sa fuite plutôt…

 

Qu’aurait-il bien pu faire ? Ils avaient des fusils mitrailleurs et lui n’avait que son pistolet de service. Ils avaient déjà abattu Joe et Ingrid.

 

Leur opération devait avoir été préparée de manière très précise comme toutes les opérations Cybertroniques. Ce que n’expliquait pas Humir, c’est comment avaient-ils pu entrer sans déclancher l’alarme ? Ingrid était en poste ce soir-là et Ingrid faisait toujours son travail comme un robot.

 

Il se rappela l’arrivée d’Ingrid il y a trois mois. Une femme serviable et sérieuse. Très sérieuse. Elle avait toujours un tailleur gris strict. Elle ne rigolait jamais aux blagues de Humir et ses copains mais accomplissait son travail avec une régularité d’automate.

 

Lorsque les commandos Cybertroniques étaient entrés, elle n’avait pas déclanché l’alarme. Elle n’avait même pas pris son arme de service pour leur tirer dessus. Humir se souvient encore de son regard surpris quand les commandos l’avaient abattus…

 

Ensuite, il y avait eu Joe. Joe, qui s’était précipité pour déclancher la sirène. Joe, tué d’un balle dans la nuque alors qu’il se tordait par terre de douleur, les yeux brûlés par une grenade éblouissante.

 

Humir avait juste eu le temps de se jeter derrière le bureau pour éviter les schnarpels des lance-grenades. Son sang n’avait fait qu’un tour et il avait sauté par la fenêtre pour échapper au massacre.

 

Le bruit avait fini par attirer les forces d’intervention Capitol et le quartier avait été bouclé dans les minutes suivantes. Après quelques instants, Humir n’avait vu que trois silhouettes ressortir en courant et embarquer dans un véhicule.

 

Alors qu’il voulut sortir de sa cachette pour en savoir plus, une violente explosion secoua les locaux à surveiller.

 

Humir se demandait encore ce que qu’il était advenu des huit techniciens qui travaillaient ce soir-là lorsqu’il pénétrait chez le privé. Un privé a toujours besoin d’un fidèle garde du corps pensa-t-il…

 

Humir ne pu sortir les visages des techniciens de son esprit. Lui, en tout cas avait bien fait de disparaître… En général, Cybertronique ne laisse personne derrière lui et les forces Capitol n’aiment pas les témoins. Surtout lorsqu’ils travaillent dans une base lance-missile dans le cœur d’une Méga-ville.

Posté par abbedestheques à 19:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Agrem

Agrem

 

Les voitures klaxonnaient. Agrem n’aimait pas l’heure de pointe. Certes, il était payé de l’heure, mais il n’aimait pas perdre son temps.

 

Agrem était debout devant sa voiture. Son regard portait loin sur le boulevard. A perte de vue, il pouvait voir les toits des voitures. A perte de vue… Non, pas si loin pensa-t-il… Le fog recouvrait encore une fois les rues. Les gaz d’échappement de la semaine ne pouvaient s’évacuer. Malgré les brumisateurs et les ventilateurs géants installés par les autorités, la deux fois cinq voies produisait plus d’air vicié qu’il ne pouvait s’en échapper vers le ciel. De toute manière, la plupart des ventilateurs avaient été cassés et leurs pièces récupérées.

 

Agrem était d’autant plus furieux qu’il n’aimait pas ce quartier et qu’on venait de lui faire perdre encore plus de temps.

 

Une insulte fusa à son encontre et un chauffard faillit lui écraser les pieds. Le grand maigre arrêté derrière lui changea de voie pour le dépasser, cognant au passage l’aile droite du taxi.

 

Peu importe. Agrem avait fait blinder les ailes en même temps qu’il avait fait grillager et tripler l’épaisseur des parois de verre.

 

« - Elles résisteront à la plupart des armes de poing lui avait dit le vendeur. »

 

Agrem avait tout monté lui-même dans son petit garage. Sa voiture était sa fierté. Il l’avait peinte en bleue afin que son taxi se voie facilement. Malheureusement, il aurait parfois aimé qu’il se voie moins.

 

Le vacarme de la rue fut couvert un instant par un métro aérien. Les yeux du chauffeur brillaient avec envie.

 

« - Un jour, moi aussi, je conduirai un de ces bolides. Pensa Agrem. La poussée vapeur, ça doit être autre chose quand même… Pas de bouchons, presque pas de retard, pas de perte de temps. Station – rail – station – rail. Pas comme ces embouteillages, ces mines de gaz asphyxiant… »

 

Un coup de rétroviseur dans son bras gauche le tira de sa rêverie.

 

Assez perdu de temps.

 

Le chauffeur donna encore un coup de pied dans le punk allongé par terre, essuya sa barre de métal pleine de sang et se remit devant le volant.

 

« - Monsieur Firestorm, je vous prie de m’excuser pour ce retard, il sera évidemment déduit de ma course. »

 

Agrem fit crisser les pneus lorsqu’il redémarra. La voiture eut un soubresaut lorsqu’elle roula sur le corps allongé au sol.

 

« - Faut pas essayer de braquer ma voiture se dit Agrem intérieurement. Pas ma jolie voiture bleue. »

Posté par abbedestheques à 19:15 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]